Maman.
J'ai tout le temps envie de lui demander pardon. Mais pardon de quoi? De ne pas l'aider davantage. De le faire mal, par à-coups, comme pour tout. Un jour très présente, très cadeaux, lèche-vitrine, longues conversations, ça me fait plaisir, elle aussi. Et puis, le lendemain, mon égoïsme reprend le dessus, et ma lâcheté, et le souci que j'ai, depuis qu'il m'a quitté, de fuir le malheur, tous les malheurs, même celui de Maman: faut être drôlement heureux pour supporter d'être triste, drôlement heureux ou drôlement courageux, et moi je ne suis pas très courageuse, et je suis très très malheureuse.
J'ai compris au bout d'un moment, que Maman était plus forte que je ne le pensais, plus vaillante, plus courageuse, et rien que d'y penser, rien que de la revoir, toute triste et pourtant souriante, j'ai les larmes aux yeux. Mais c'est moi, en revanche, qui craque. C'est moi qui passe des journées à pester, et qui entre dans des colères noires et qui maudit la planète entière de tout le malheur qui me tombe dessus.